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Ecrire

Ecrire pour oublier que l’on ne parle pas, que l’on ne parle plus. Communiquer seulement avec la page blanche qui se remplit petit à petit.

Ecrire pour ne pas voir le temps qu’il fait dehors, le temps qui passe et qui transforme tout. Partager ses émotions ses sensations avec personne d’autre que sa plume.

Ecrire comme un besoin pressant, une bouffée d’air, une envie de sucre dont on ne peut se passer. Laisser courir sa main, son esprit sans plus savoir les contrôler.

Ecrire comme sa seule raison de vivre tout d’un coup, comme si l’on ne pouvait faire que cela, comme si le monde n’existait pas. Plonger dans la mélancolie et puis l’espoir, la frénésie, la boulimie et puis le vide, la solitude, le silence.

Ecrire pour regarder nulle part, pour regarder partout, pour sentir chaque chose et ne rien y comprendre. Rechercher le bonheur que l’on fuit en courant. Courir, courir encore comme si c’était la première fois, comme si c’était la dernière.

Ecrire parce qu’il n’y a rien d’autre à faire. Disposer des lettres les unes après les autres, former des mots qui ne voudront rien dire.

Ecrire pour oublier que l’on ne parle plus, pour ne pas voir les rides sur nos mains fatiguées, pour défier l’horloge qui ne veut pas s’arrêter, quelques secondes au moins.

Ecrire pour faire comme tous les autres, trouver une logique, saisir un sens.

Ecrire jusqu’à la fin de sa vie, comme on se lève, comme on respire. Comme on pleure sur une musique, comme on s’enivre d’un baiser.

Ecrire en attendant la fin qui ne vient pas.

 

 

La voisine, le 26/04/2008.



01/08/2014
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