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ET APRES ?

J 17.

Aïe aïe aïe...

Je crois que ça y est, j'ai basculé de l'autre côté.

 

17 jours que je ne suis pas allée voir ce qui se passait sur le trottoir d'en face.

17 jours que la Peugeot 106 ne s'est pas dégourdi les pneus pour m'emmener au boulot.

17 jours que je ne reconnais plus mon jardin tant il est bien entretenu et que pas une mauvaise herbe ne dépasse.

17 jours qu'il est mon unique horizon.

17 jours que FIP a remplacé France Inter et diffuse uniquement de la musique en boucle.

17 jours que j'interroge avec angoisse mon frigo afin qu'il me donne des idées pour le prochain repas.

17 jours que le flacon de shampooing ne baisse quasiment pas et que mes yeux n'ont pas reçu le moindre trait de khôl.

17 jours que mon Voisin et moi-même avons procédé à une reconversion professionnelle pour devenir assistants maternels H24.

17 jours que je connais la vie de T'choupi par coeur.

17 jours qu'on fait la grasse matinée. Même le p'tit s'y est mis !

17 jours qu'on fait des calculs d'apothicaire pour savoir s'il est temps de passer au régime 100% patates et de rationner les tranches de pain.

17 jours qu'on trinque tous les soirs avec des petits carrés bruyants qui s'agitent sur l'écran de mon téléphone.

 

17 jours.

Un peu plus de 2 semaines.

C'est court et c'est long.

Mais je crois bien que ça y est, j'ai basculé. Je commence à redouter la suite, l'après.

Quand il faudra y retourner...

 

Affronter les assauts et la mauvaise foi du papy d'en face qui guette derrière sa fenêtre.

Redémarrer la 106 pour me fondre dans les bouchons de la rocade métropolitaine.

Laisser pousser les herbes folles, abandonner les pieds de tomates, de radis et de salades, parce qu'on n'aura plus le temps.

Décider de la destination des prochaines vacances : une plage bondée du sud de la France.

Retrouver le train-train quotidien d'Augustin, Nagui, Fabrice, Antoine et Charline, entrecoupé des flashes info en continu.

Manger des sandwichs hors de prix entre midi et 13h dans la voiture et donner un bib au p'tit le soir, parce qu'il est déjà tard et que nous on mangera après.

Passer une plombe dans la salle de bain pour la grand-messe du soin-capillaire-brushing-eye-liner-et-mascara.

Arriver en dérapage le matin devant le portail de la nounou, jeter le p'tit fissa et sauter dans la 106 direction les bouchons ; revenir en dérapage le soir, souffler un grand coup avant de sonner au portail et se dire que le marathon n'est pas terminé.

Laisser le p'tit sous une pile de livres et de jouets le temps d'envoyer 3 mails et de passer un coup de fil urgent pour la réunion de demain.

Défoncer le réveil qui braille de nouveau à 6h30 tous les matins !

S'infliger les traditionnelles courses du samedi après-midi au centre commercial et rentrer le coffre plein de saloperies qui n'étaient pas marquées sur la liste, mais qui étaient en promo.

Se rendre compte que ça fait un mois qu'on n'a pas pris de nouvelles de la famille et des copains. Mais avec le boulot, les gosses, tout ça, on n'a plus trop le temps....

 

17 jours.

Sûrement plus.

Et si l'amnésie avait du bon parfois ?

 

La Voisine, le 02/04/2020. J17

 


02/04/2020
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MICHAEL KEATON (ET JEAN-CLAUDE) NE VIENDRONT PAS

Ce matin, je me suis approchée dangereusement de la porte d'entrée. J'ai même posé ma main sur la poignée et j'ai failli appuyer dessus.

Je ne sais pas ce qui m'a retenue, la peur peut-être.

Tout à coup, j'ai repensé aux pauvres Adam et Barbara, assignés à résidence et hantés par de méchants vivants dans leur propre maison. J'ai revu l'horrible serpent qui les attend dans le désert à chaque fois qu'ils tentent de sortir de chez eux.

J'ai même cru le voir surgir derrière mon portail, par la bouche d'égoût au milieu de la rue.

Ça craint, on a bientôt plus de clopes ni de PQ !

Il va bien falloir l'affronter ce monstre des sables...

A moins que...

Si je l'appelle 3 fois, peut-être me viendra-t-il en aide ?

Oui, mais je ne me souviens plus de son nom. Il me semble que ça fait allusion à une boisson à base d'insecte ou à un groupe de pop anglaise, je ne sais plus trop. Et surtout, je ne vois pas le rapport.

J'ai alors lancé tout un tas d'appels désespérés à des cafards dégoulinants, des fourmis liquides, du jus de pierres qui roulent ; j'ai même élargi à du nectar de scolopendre et à de la bière de Bono. Mais en vain.

Rien à faire, Michael Keaton ne viendra pas.

Ô rage ! Ô désespoir !

Qui va me ramener mes cigarettes et mon papier ?

J'ai entendu parler d'une chauve-souris héroïque qui venait parfois en aide aux plus désoeuvrés. Vu les circonstances, je crois que je peux me considérer comme définitivement perdue.

Après avoir dépouillé  mon Voisin de sa ceinture pour en faire un pochoir et lui avoir piqué une découpe à lampe Xénon de 5kW, me voilà dans le sas d'entrée. Je branche le tout. Batman, si tu es là, c'est le moment !!

J'attends un peu. Personne ne vient.

Ah si, ça y est, j'entends un bruit. C'est lui, c'est mon héros ! A moi les cartouches de Philip Morris ! A moi les palettes de Moltonel épaisseur triple parfum vanille des îles !

Une tête grisonnante coiffée d'un bonet surgit dans la lumière éblouissante. Merde, sacré coup de vieux Batman !

Mais non, je la reconnais, c'est la voisine d'en face.

Bonsoir Madame ! Ah, Monsieur, pardon...

L'a pas l'air bien en forme. L'aurait chopé le virus ?

Il serait pas en train de me pointer avec son fusil de chasse ?

Je confirme, il s'agit bien d'un fusil. Et d'un vrai, à en juger par le trou qu'il vient de faire juste en-dessous de la fenêtre du p'tit !!

OK, j'ai compris. Je débranche ma découpe Xénon.

Bonsoir M'sieur-dame !

Michael Keaton ne viendra pas.

Le temps s'est rafraîchi, vous ne trouvez pas ?

Je vais aller me resservir un p'tit verre de vin chaud...

 

 

La Voisine, 27/03/2020. J11

 

https://www.youtube.com/watch?v=AQXVHITd1N4

 


27/03/2020
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VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU

Hier soir avant de m'endormir, je ne sais pas trop pourquoi ni comment, j'ai repensé à un film qui m'a beaucoup marquée la première fois que je l'ai vu.

C'était il y a...

Ah oui tiens, c'était quand ? On est quel jour aujourd'hui ?

Dimanche.

Dimanche déjà ?

Bref.

 

C'est l'histoire d'un homme qui tombe d'un immeuble de cinquante étages...

 

Dimanche ou lundi ?

Putain, j'sais plus !

En même temps, si on se met à manger du poulet et des patates tous les jours, comment on s'y retrouve ?

Si attends, c'est simple. J'ai donné le bain au p'tit hier soir, donc...

Hier soir ou AVANT-hier soir ? Ou alors c'était ce matin ?

Non, pas possible ce matin, j'ai tondu la pelouse aux ciseaux.

La pelouse ou les cheveux du p'tit ? Ou la touffe du chien ?

 

Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer...

 

Ça peut pas être le chien, vu qu'on en a pas.

Très juste !

Mais, si on a pas de chien, pourquoi est-ce qu'on a des croquettes ?

Excellente question !

Merci !

Je trouvais bizarre les cacahuètes de l'apéro hier soir.

Oui, mais c'est le bordel aussi dans les rayons du supermarché ! Et puis le temps y est compté, il faut faire vite. J'ai pris le premier truc qui me passait sous la main.

 

Jusqu'ici tout va bien,

Jusqu'ici tout va bien,

Jusqu'ici tout va bien...

 

C'est pour ça que j'ai tout le temps soif. C'est hyper salé ces trucs-là.

En plus, ça se marie mal avec le thé de quatre heures et demie. Y a que le p'tit qui les apprécie.

Sympa ce thé d'ailleurs, son petit goût anisé, tout ça...

Sauf le môme qui a tout vomi. Il marchait pas droit et tenait pas debout. Je comprends pas. Il a dû choper un truc. Paraît qu'il y a un petit virus qui tourne en ce moment.

 

Mais l'important c'est pas la chute...

 

M'enfin, on a de la chance, on a un beau printemps cette année.

Oui, on a bien fait de se la souhaiter bonne il y a trois mois.

Trois mois, déjà ??

Une année 20/20. Parfaite. Sans fausses notes.

Ouais, sauf les oiseaux qui piaillent un peu trop fort à mon goût. On entend qu'eux c'est insupportable !

Et vas-y que je te cui-cui par-ci,

Et vas-y que je te trilili par-là.

C'est bon, moi aussi je peux le faire. Regarde, je me mets sur le rebord de la fenêtre, j'écarte les bras et...

Cui-cui, je vole !!!

 

C'est l'atterrissage.

 

 

La Voisine, 23-24/03/2020. J7/8

 

https://www.youtube.com/watch?v=USjLKlSovdU

 


24/03/2020
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DANS QUELLE ETAGERE ?

Aujourd'hui, on est dimanche. J'en suis sûre. Enfin, je crois...

A midi, on a mangé dans le jardin, à l'ombre du parasol. Du poulet et des frites. Pas de bruit de rocade. Oui, c'est sûr, on est dimanche.

Ouf, jusqu'ici tout va bien ! Enfin, je crois...

Il se passe tout de même des choses étranges dans cette maison. A commencer par elle.

Qu'est-ce qu'elle a à être tout le temps sur mon dos ces jours-ci ? Elle ne pourrait pas me laisser un peu tranquille, respirer ? Elle ne pourrait pas aller faire un petit tour, aller voir là-bas si j'y suis ? En même temps, peu de chances qu'elle m'y trouve...

Le frigo me regarde d'un air louche. A chaque fois que j'ouvre sa porte, il pousse un petit gémissement qui semble dire "Du beurre dans les pâtes, t'es sûre ? La plaquette descend à une vitesse ! Et pour les oeufs, on fait comme on a dit ? Pas plus d'un par personne et par semaine ?" Je ne savais pas qu'il avait une appli #mesuretescalories. Qu'est-ce qui lui prend ? Il surventile ma parole !

Etrange vous disais-je... et ce n'est pas tout.

Si quelqu'un pouvait m'expliquer à quoi servent les petits pinceaux et crayons noirs dans le tiroir de ma salle de bain ? Ils me regardent tous les matins (en considérant le terme matin comme un espace-temps assez vague) de leurs petits yeux luisants en me criant "Moi ! Moi ! Moi ! Moi !" Mais laissez-moi tranquille, qui êtes-vous ? Qui vous a mis là ? Vous êtes des espions du KGB, c'est ça ??

A ce propos, c'est qui la nana (enfin c'est encore à vérifier) que je croise aussi tous les matins dans cette même salle de bain ? Un zombie dégingandé qui me toise de ses globules vitreux, le poil hirsute, l'haleine fétide. C'est pas une salle de bain, c'est la cour des miracles ! Le cimetière de tout un tas d'objets fantômes errant à la recherche d'une quelconque utilité. Brosse à dents, rasoir, sèche-cheveux, épilateur, tube de shampooing, flacon de parfum...

Aujourd'hui dimanche, jour du seigneur (enfin je crois...) j'en appelle solennellement à vos plus lointains souvenirs afin de les aider à retrouver leur chemin vers la lumière. Qui les a créés ? Et pourquoi ??

Car il n'y a pas pire souffrance que de se lever le matin sans plus savoir ce qu'on fait là.

 

La voisine, 22/03/2020. J6

 


22/03/2020
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SAMEDI. OU DIMANCHE

Je me réveille doucement...

Quelle heure est-il ? Quel jour sommes-nous ?

Aucun bruit ne provient de dehors, à part le chant des oiseaux, et le ronronnement lointain d'une tondeuse, et celui d'une meuleuse, et aussi peut-être celui d'un aspirateur dans une voiture. Ça sent le barbecue.

On doit être samedi. Ou dimanche.

Combien de temps ai-je dormi ?

Mes membres sont lourds, ma bouche pâteuse.

J'ai fait un drôle de rêve. Il me revient doucement...

Je flotte dans un univers étrange, une dimension parallèle. J'erre entre deux mondes. Rien n'est différent de d'habitude et pourtant tout a changé. Je me balade dans cet endroit si familier qu'est ma maison mais les perspectives ne sont plus les mêmes. On dirait que l'horizon s'arrête au bout du jardin.

Dans le salon, dans la cuisine, dans la chambre, dans la salle de bain, toutes les horloges se sont arrêtées. On dirait que le temps est suspendu, qu'il flotte lui aussi sans savoir dans quel sens tourner.

Je ne reconnais plus les sons de dehors. J'ai l'impression de pouvoir tout entendre à des kilomètres à la ronde.

Je ne me souviens plus trop si j'ai un travail. Il me semble que oui. Mais pas aujourd'hui. Je dois être en week-end. Je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou avoir peur.

Je sens qu'il me manque quelque chose. La sensation étrange d'avoir perdu une partie de moi, un repère, un point fixe que je pensais m'être fidèle pour toujours.

Je tourne un peu en rond dans ma cage domestique.

Mais mon petit doigt me dit que je ne suis pas la seule.

D'ailleurs, où sont tous les autres ? Depuis combien de temps n'ai-je pas ouvert ma porte ?

Une ombre passe sous ma fenêtre. Un homme promène son chien, le bienheureux !

Je me réveille doucement...

Quelle heure est-il ? Quel jour sommes-nous ? Samedi ? Dimanche ?

Ma tête est lourde, ma bouche pâteuse.

J'ai comme une gueule de bois de plusieurs jours.

Et si j'allais me recoucher ?

 

 

La voisine, 21/03/2020. J5

 

 


21/03/2020
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Mon souffle sur le sien

Il s'est posé dans ma vie il y  a un peu plus d'un an, sous la forme d'un cadeau de Noël, en plein mois de mars. Une chasse au trésor organisée pour mon voisin chéri le conduisant au pied d'un gros Rocher rouge dominant la ville. C'était son cadeau, il l'a adoré. Et moi, j'ai tout simplement eu un coup de foudre, auditif, pileux, cardiaque, viscéral...

 

Depuis, 3 concerts en 9 mois, et sa musique qui tourne en boucle , qui m'accompagne partout : de la chambre au salon, dans le bus pour un rendez-vous important, dans le tram pour aller au boulot, dans ma voiture sur la route de l'océan pour partir écrire, dans les steppes désertiques de ma solitude.

Je l'ai écoutée plus de 1000 fois cette musique qui tourne en boucle comme une valse endiablée, comme une main que je serre dans la mienne et que je ne veux plus lâcher. Je l'ai écoutée plus de 1000 fois et je pleure encore, parfois de joie, parfois de chagrin, toujours d'émotion, cette rivière qui bouillonne dans mes veines, ce souffle qui donne tout son sens et toute sa saveur à la vie.

Moi qui n'y connais rien en musique et encore moins en jazz ni en trompette à 4 pistons, cette musique, sa musique, me parle, à chaque fois. Elle vient se planter au creux de mon ventre et inonde chacune de mes veines et de mes artères.

 

Une très bonne amie m'a dit un jour : "J'ai trouvé pourquoi sa musique nous touche autant : elle est comme la voix douce, rassurante et familière d'une maman qui berce tendrement son enfant."

C'est exactement ça ! Un murmure, un souffle chaud par-dessus l'épaule qui dit que tout va bien, qu'il n'y a pas à avoir peur ; qui dit que l'on peut grandir sans crainte, on restera toujours au fond de soi, l'enfant qui dormait paisiblement dans les bras de sa maman.

Alors je me suis laissée grandir un peu plus, j'ai escaladé des dunes, j'ai sauté dans le vide, j'ai ouvert mes ailes et mon cœur, j'ai dévalé la pente pour rejoindre la mer en roulant dans le sable... et j'ai repris la plume ! Sans avoir peur.

 

Tout cela je l'ai déjà dit, je l'ai déjà écrit 100 fois, dans mes carnets, sur mon blog et même à lui.

Et aujourd'hui je l'écris, je le crie encore, encore plus fort !

N'y a-t-il pas dans ce monde suffisamment de vrais monstres, de vrais salopards pour en inventer d'autres ? Des gens censés faire partie de notre espèce et qui pourtant construisent des murs, jettent de l'huile sur les braises de l'incendie, ferment leurs portes à l'étranger qui leur tend la main.

Pourquoi dans le monde des grands faut-il toujours que les rêves se brisent, que l'on étouffe le Père Noël et les berceuses ?

 

Dans un peu plus d'un mois, je ne sais pas ce que va choisir mon pays. Il m'arrive de trembler d'effroi en y songeant.

Et puis j'écoute sa musique et je me dis : "Comment le monde pourrait basculer dans le chaos quand des êtres, humains eux aussi, sont capables d'écrire de si belles choses (belles, comme ce mot est faible !), pleines d'amour, de partage et d'humanité sincère ? Non, cette musique vient du même monde, il faut garder espoir."

Je ne veux pas que l'on me prenne mes rêves, et tant que je serai debout, je me battrai pour ça.

 

Un jour prochain je l'espère, à mon tour je chanterai des berceuses, et il les soufflera avec moi en sourdine au-dessus du berceau.

 

J’aurais tellement voulu ne jamais écrire ces mots dans ces circonstances.

Aussi humbles soient-ils, qu'ils lui donnent la force que sa musique m’a donné tant de fois !

 

Ce matin, pendant que je prenais le petit déjeuner dans mon jardin, Here comes the sun des Beatles est passée à la radio et j’ai pensé à lui.

Je partage à présent ce doux rayon de soleil d’un printemps qui pointe le bout de son nez. Qu'il chasse ce gros nuage nauséabond rempli de jugements acerbes et de calomnies obscènes.

 

Ne t’éteins pas Ibrahim.

J’ai besoin, nous avons tant besoin de ton souffle, aujourd'hui plus que jamais !

 

 

 

 

La voisine, le 14/03/2017.

 


28/03/2017
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Retrouvailles

C'est étrange, je reconnais à peine la route, cette route que j'ai pourtant faite cent fois. C'est étrange et en même temps j'ai l'impression d'avoir vécu tant de vies depuis mes 18 ans...

 

Les mouettes envahissent la place en ricanant comme des hyènes. Elles tournoient au-dessus du marché et de ces briques rouges qui m'encerclent. On n'entend qu'elles et leur rire mauvais entre deux rafales de vent.

Est-ce de moi qu'elles se moquent ? De cette étrangère qui revient s'assoir à la table de ses 20 ans ? De ces quinze années qui refont soudain surface comme un vieux fossile oublié ? De ces rides et de ces mèches grisonnantes que je m'efforce de ne pas voir dans le reflet des vitrines ?

On dirait que tout est comme avant, mais on dirait que tout a changé.

Je m'arrête un instant au pied de mon premier appartement, mon tout premier chez moi, à moi rien qu'à moi. J'hésite un peu, toutes les fenêtres se ressemblent. Sauf que trois d'entre elles n'ont pas le double vitrage, mes oreilles s'en souviennent encore. Aujourd'hui, ces trois fenêtres n'ont pas bougé, elles continuent de faire face au mur des urines, comme j'avais l'habitude d'appeler ce recoin nauséabond. En revanche, on a gommé les graffiti qui faisaient diversion et tentaient d'égayer un peu le lieu.

Tout comme on a ravalé les trottoirs de la rue en la recouvrant de pavés tout neufs, bien propres et bien lisses. Je n'avais jamais remarqué combien les immeubles de cette rue étaient beaux !  Guère plus de deux étages, façades colorées, briques rouges, fenêtres en demi-lune... Mes jeunes yeux d'alors devaient chercher d'autres trésors à contempler.

J'ai emprunté cette rue tant de fois, de jour ou de nuit, seule la plupart du temps. Je sais déjà ce que je vais trouver au bout, du moins si le décor est resté le même. Une place cernée de bars, dont un où l'on boit visiblement toujours le Pastis au mètre, un pont qui s'en va rejoindre l'autre rive et ce grand dôme verdâtre qui surplombe la Garonne, véritable reine des lieux. Aujourd'hui, en prime, le soleil de midi s'invite aux retrouvailles !

Je ne suis pas la seule à savourer le moment, nous sommes des centaines à flâner le long des quais dans cette douceur printanière toute nouvelle.

Parmi tous ces gens, il me semble parfois reconnaître la silhouette, le profil, le visage d'une jeune fille que j'ai bien connue. Mais alors que je me rapproche d'eux, le visage, le profil, la silhouette deviennent flous puis finissent par s'évanouir dans le vol des pigeons au-dessus des toits.

Ce n'est pas grave, je vais continuer de marcher, sans autre but que vérifier l'état de ma mémoire : la boulangerie à la sortie de la bouche de métro où j'allais me gaver de sucreries en rentrant de la fac ; les fauteuils aux noms de stars hollywoodiennes du bistrot à côté du cinéma où je me rendais plusieurs fois par semaine ; la petite place coquette aux boutiques de créateurs et de couturiers et aux salons de thé à l'anglaise...

 

J'ai marché ainsi tout l'après-midi à en avoir mal aux pieds. Puis l'heure de s'en retourner vers la gare est venue.

Me voilà de nouveau confortablement installée dans le train qui me ramène chez moi.

Le soleil s'incline d'un côté, et on dirait que je le suis.

Ce soir, en balayant la campagne de mes yeux fatigués, je ne sais pas trop quoi penser de ces retrouvailles.

Qui donc ai-je retrouvé ? Que suis-je réellement venue chercher ?

Peut-être seulement un moment, la lumière de cette journée, de cette ville si belle au soleil.

Peut-être un peu plus que cela ; un peu de moi, éparpillée de-ci de-là au gré de ces quinze années qui ont filé parfois si vite, parfois si lentement ; de ce moi observé aujourd'hui d'un peu plus haut, d'un peu plus loin, par cette femme au regard ému et au ventre arrondi.

 

 

 

La voisine, 15/02-23/03/2017.

 

 


23/03/2017
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Capitale

Dernière soirée dans tes bras. Demain je serai loin et tout redeviendra comme avant.

Je ne me réveillerai plus nue contre toi comme ces derniers matins. Je ne regarderai plus par le velux cette fenêtre de la grande tour d'en face allumée du matin au soir. Je ne sentirai plus ton odeur si particulière, qui ne sent ni bon ni mauvais, qui sent juste toi et qui me plait.

Demain je serai loin et toi aussi.

Je ne reviendrai plus me réfugier à tes pieds, moi l'oiseau échappé de sa cage. Je ne reviendrai pas me poser face à toi pour te contempler à m'en décrocher les paupières, toi si fière dans le ciel bleu, moi si petite sur ce banc de bois.

Nous ne marcherons plus main dans la main, longeant la Seine, nous arrêtant sur les ponts pour regarder passer les bateaux-mouches et faire signe aux touristes qui glissent sous nos nez rougis.

Demain nous serons loin.

Tu n'auras plus besoin de chercher les mots pour me consoler. Je vais mieux, même si cela ne se voit pas encore. Je l'ai lu dans tes yeux, je l'ai senti dans tes artères, je l'ai entendu dans ton chant porté par les mouettes. J'ai encore grandi, même si cela ne se voit pas encore. Je me suis libérée de mes chaines, j'ai sauté dans le vide pour me retrouver plus grande et plus forte en bas.

Grâce à toi. Grâce à ces quelques jours où je n'ai pas eu peur de pleurer à tes pieds, où tu m'as écoutée, où l'on s'est retrouvées, où l'on s'est mélangées.

Demain tu seras loin de moi. Tes yeux seront déjà tournés vers une autre âme en peine, ton souffle caressera une peau différente de la mienne. Combien d'esprits perdus et de corps vagabonds blottis contre ton sein ? Combien de sourires figés immortalisant une nouvelle étreinte entre tes bras ?

Demain nous serons si loin toi et moi et tu m'auras oubliée.

Alors ce soir, je profite encore un peu des rayons de la lune qui saupoudre tes rues de lumière, là, dans cet entre-deux où je ne risque rien...

 

La voisine, le 26/11/2016.

 

 


08/03/2017
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En cavale

Je crois que je viens de faire une bêtise. Peut-être même une très grosse bêtise...

Je me suis enfuie comme une voleuse, sans prévenir personne. J'ai fui comme un oiseau à qui on aurait entrouvert la cage pour lui montrer qu'on a confiance. Mais il ne fallait pas lui faire confiance, car ce qui devait arriver arriva. A peine les verrous ont-ils frémi que l'oiseau était déjà dehors.

Je me suis échappée et je sais que je ne retournerai pas dans la cage. Même si on finissait par me rattraper, on ne pourrait plus me jeter dans ce cachot doré avec vue sur la mer. Non, c'est trop tard, mes ailes sont en train de se déployer et une fois grandes ouvertes, elles ne passeraient plus entre les barreaux.

C'est trop tard. Je suis déjà loin.

Le vent qui me porte fait couler des larmes de mes yeux et mes cheveux sont tout ébouriffés. J'ai le nez rouge et la gorge sèche. Et pourtant j'ai l'impression que je respire de nouveau. J'ai l'impression d'être toute légère, presque invisible. Je redeviens la petite bulle minuscule que je croyais perdue.

Et je retrouve mon amie la plume. Elle revient se poser sur mon épaule en dansant. Peu à peu remonte en moi une douce mélodie ; ce disque qui ne s'est jamais arrêté de tourner, qui fredonnait en sourdine, qui soufflait doucement sur les braises pour ne surtout pas qu'elles s'éteignent, attendant patiemment que je reprenne place à leur table.

La bulle, la plume et le souffle chaud du cuivre. Nous voilà de nouveau réunis de l'autre côté des barreaux. En cavale.

Le voyage promet d'être long, cahotique et difficile. Mais cette fois-ci je ne laisserai pas partir le train sans moi !

 

La voisine, le 23/11/2016.

 


25/01/2017
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Une toute petite voix

La sacoche a manqué me tomber sur la tête. Le vieux monsieur en est tout désolé. Il reste un petit moment encore, figé sur ses deux jambes qu'il n'a pas pu déplier complètement, la main sur sa bouche, à me regarder d'un air penaud.

Tout va bien lui répond mon sourire un peu crispé. C'est qu'il m'a fait sursauter le bougre !

Je somnolais tranquillement, les écouteurs bien vissés au fond des oreilles à me délecter des notes de mon Agnël chérie, quand mon voisin d'en face a estimé qu'il était l'heure de casser la croûte. C'est également ce moment-là qu'a choisi le train pour plonger dans une courbe un peu serrée. Sur le coup, j'ai cru qu'il venait de dérailler. Le choc de la sacoche sur la tablette en plastique a été d'une rare violence. La moitié de la voiture a fait un bond sur son siège !

Le vieil homme s'est rassis et entame à présent les premières bouchées de son jambon-beurre, en me jetant de temps en temps quelques regards emplis de cet air un peu trop navré qui ne le quitte plus depuis cinq minutes.

Le train a ralenti. Dehors, la nuit est tombée mais aux lueurs des lampadaires, je dirais que nous sommes arrêtés aux abords d'une gare, une petite gare de campagne. Quelques instants plus tard, un signal sonore perce le silence qui était retombé dans le wagon, puis une voix très lointaine nous informe de la situation. Du moins, c'est ce que j'en déduis car la voix est si inaudible, comme si elle provenait d'ailleurs, de l'autre côté des frontières ; je ne comprends absolument rien de ce qu'elle raconte. C'est comme si un tout petit monsieur, avec une toute petite bouche, se mettait à parler une toute petite langue dans un tout petit micro.

Ça existe les toutes petites langues ? Et les très grandes, les langues géantes ? Faut-il avoir des toutes petites oreilles pour entendre les tout petits riens des toutes petites voix ? Et des oreilles énormes pour gober les énormités qui fusent des énormes bouches ?

Pendant que je tente de me répondre, je laisse mon regard glisser sur la fenêtre et se poser doucement sur le reflet des mâchoires du vieux monsieur qui termine son sandwich.

Et de cette bouche, que peut-il en sortir ? Pour l'instant je n'ai vu que des choses y entrer. Voilà bientôt deux heures que nous roulons dans la nuit face à face et nous n'avons quasiment pas échangé le moindre mot. Quelle voix se cache derrière cette mandibule âgée mais encore vigoureuse ?

Une secousse me tire de mes réflexions glacées et me ramène dans le compartiment qui ronronne comme un vieux chat repu. Je frémis en m'apercevant que l'homme m'observe en train de scruter sa mâchoire. J'entends son sourire me dire en me poussant du coude avec espièglerie : "Allons, qui n'a jamais joué à ce jeu-là ? Dévisager un passager dans son sommeil ou le reflet de la vitre ou même du coin de l'oeil."

Le train est reparti de plus belle. L'arrêt n'était pas prévu, un léger incident sur la voie, un obstacle à dégager. Nous arriverons à Paris avec vingt minutes de retard. C'est ce qu'a annoncé la toute petite voix dans le tout petit micro. Encore une fois je n'avais rien saisi, mais mon gentil voisin m'a fait la traduction. Il en a profité pour glisser deux ou trois traits d'esprit, quelques calembours et autres jeux de mots. Sur le dernier, il m'a fait un clin d'oeil complice, comme si nous étions les deux seuls de tout le wagon à pouvoir nous comprendre, peut-être même à pouvoir nous entendre.

Mon sourire se décrispe davantage et j'écoute ses blagues et ses anecdotes cocasses qui maintenant se succèdent au rythme des battements de coeur du train. Je dois reconnaitre qu'il a un certain talent de narration. Bientôt c'est tout sa rangée puis la mienne qui tournent la tête et tendent l'oreille pour suivre ses histoires. Sous nos sièges, le train acélère encore, comme s'il cherchait à remonter le temps et rattraper nos vingt minutes de retard.

Parmi tous ces gens qui sourient autour de moi, parmi toutes ces bouches ouvertes en demi-lune, qui partagent cette parenthèse éphémère de bonheur tout simple, parmi eux, qui s'est réjoui du résultat des dernières élections américaines ? Oui je sais, il faut toujours que je vienne gâcher la fête. Mais j'aimerais savoir.

Qui, parmi tous ces visages sympathiques ici ce soir, dans ce bolide lancé à toute allure fonçant droit sur Paris, qui ne s'offusquerait pas de l'érection d'un mur obscène, ce mur de la honte, parfaite illustration du cataclysme qui gronde au loin, de cette amnésie collective qui nous menace, pur déni de l'Histoire et de l'humanité ? Qui ?

Sur les sept sourires qui brillent autour de moi, combien sont favorables au retour de la peine de mort, à l'interdiction d'être parent à une certaine catégorie de gens qui s'aiment, pourtant du même amour que tous les autres ; combien sont farouchement opposés au droit de pouvoir choisir de ce que l'on veut faire de son clitoris et de son utérus, au droit d'oublier la pilule, au droit de ne pas vouloir être mère sans pour autant remettre en question sa condition de femme, cet autre citoyen de la planète, cette autre partie de l'humanité ?

Qui donnera sa toute petite voix pour elle, cette bouche énorme et répugnante dans moins de six mois ?

Soudain, je sursaute. Une nouvelle fois. Du fond du compartiment, j'aperçois le visage d'Agnël. Oui, je la reconnais, c'est bien elle, c'est Agnël ! Elle remonte l'allée dans ma direction. Dans cinq rangées, elle va frôler mon épaule. Ça alors, Agnël est dans le même TGV que moi ! Plus que quatre rangées. Comme elle est belle ! Aussi belle que sa musique. Trois. J'entends au loin les notes qui s'échappent de son piano et courent vers moi. Deux. Elle est là, c'est bien elle, dans le même train que moi ! Je devrais arrêter de la fixer, tourner la tête, faire comme si je n'avais pas remarqué qu'elle s'approche de moi et s'apprête à m'effleurer du bout de ses doigts fins de virtuose. Agnël !

Ça y est, elle est passée. Je n'ai rien senti. A peine si ma frange a frémi au vent de ses pas. Sa main ne m'a pas touchée. Je crois que j'ai fermé les yeux. Ai-je rêvé ?

De l'autre côté de l'allée, un petit bichon frisé lèche les doigts de son maître absorbé par les récits envolés de mon vieux monsieur de voisin. Je croise le regard de ce dernier et y devine un soupçon de fierté accompagné d'une pointe de malice. Il tient son auditoire en haleine, fait durer le suspense un court instant, le temps pour moi de laisser s'évaporer mon idole angélique et raccrocher les wagons en me rebranchant sur son canal.

Une secousse. Encore une. Je sursaute. Pour la dernière fois probablement.

Puis tout est noir. Tout tourne. Même moi je crois. Est-ce un rêve ? Quelque chose me cogne la tête. La sacoche du vieil homme ? Aïe, ça fait mal ! Ça tourne encore, encore plus vite.

Où suis-je ? Est-ce un rêve ? Je n'entends plus les blagues de mon voisin, ni les rires des autres passagers. Autour de moi, ce n'est plus qu'un fracas assourdissant, une explosion de verre et de ferraille. Des masses de toutes sortes, de toutes formes et de toutes matières me heurtent chaque seconde. Je voudrais crier mais n'y parviens pas. Je voudrais appeler le vieux monsieur, lui demander qu'il me traduise ce que la toute petite voix du tout petit micro a dû dire pour expliquer ce qui est en train de se passer. Moi je ne la comprends jamais, mais lui sait décrypter ses messages codés, il doit avoir des oreilles ajustables, capables de s'adapter aux différentes tailles de bouches, des plus minuscules aux plus gigantesques. Où est-il mon vieux monsieur ? Je n'y vois plus rien, je n'entends plus rien. Où est le petit chien, où sont les doigts de son maître ? Et Agnël ? Où est-elle ? Est-ce son corps que j'ai senti me rouler dessus quelques instants avant qu'il ne disparaisse une nouvelle fois dans le ventre du bolide qui a perdu la boule ?

Que se passe-t-il ? Où suis-je ? J'ai l'impression de voler dans une cage trop étroite.

Le manège s'arrête brusquement. Un flash, comme un éclair dans la nuit noire, fait irruption dans le wagon, du moins ce qu'il en reste.  En une fraction de seconde, j'aperçois des manteaux, des sacs, des câbles et des corps pendre un peu partout autour de moi. Certains remuent, d'autres pas. A la fois lourde et légère, je pends moi aussi, immobile au-dessus de rien. Quelque chose de chaud, ou froid je ne sais pas trop coule le long de mon visage.

Le silence a envahi l'espace. Je ne sais pas si j'ai mal ou si je flotte. J'ai envie d'exploser de rire ou bien peut-être de pleurer.

Qu'est-ce que je fais là ? On doit m'attendre à Paris. Où est mon téléphone, que je prévienne que je ne serai pas à l'heure ? Mais quelle heure ? Depuis combien de temps suis-je suspendue la tête en bas ? Où est le vieux monsieur qui a peut-être voté Trump il y a un mois ? Où est le petit bichon dont les doigts du maître pourraient bien rallumer la flamme au printemps prochain ? Où est mon idole intouchable, montée trop vite s'assoir trop près des étoiles et qui a déjà oublié comment on fait pour regarder en bas ?

Ou pas. Peut-être est-elle seulement un esprit libre, tellement libre qu'elle traverse les autres corps sans les voir, sans même se rendre compte qu'ils existent. Peut-être aurais-je dû continuer de la fixer quand elle s'avançait vers moi, plonger mes yeux dans les siens pour les accrocher comme un hameçon, pour lui faire signe que je suis là, que je la trouve belle, magique et que je l'aime et lui sourire tout simplement pour qu'elle voie que j'existe.

Cela n'a plus d'importance maintenant, de là où je suis je peux voir le monde à l'envers. Sauf que je crois que j'ai les yeux fermés. Ou alors je suis morte. Ce serait donc comme ça que je finirais, suspendue la tête en bas après un tour de montagnes russes, sans avoir dit au-revoir à personne, pas même à moi...

Soudain, une petite voix s'élève dans la nuit. Cette fois-ci je l'entends, elle ne vient pas du micro.

"Quelqu'un aurait-il trouvé ma sacoche en cuir ? Elle m'échappe tout le temps, j'espère qu'elle n'a blessé personne."

 

La voisine, 21-25/11/2016.

 


16/12/2016
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