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Du tuk-tuk en tôle au quart de ton en cuivre

Chers amis lecteurs, bonjour !

 

Un peu plus de deux mois se sont écoulés mais il manquait encore une conclusion à ce beau voyage à l'autre bout du monde.

Malheureusement, ma plume capricieuse ne semblait pas décidée à vouloir en dire plus à ce sujet.

Il m'a donc fallu repartir, non pas à l'autre bout du monde mais un peu partout dans notre cher petit hexagone pour lui redonner un peu d'élan.

Etrangement, c'est sous la pluie, au bord d'une flaque que je l'ai retrouvée...elle n'était pas toute seule...

 

IMG_9655.JPGMardi 10 mai 2016.

Du tuk-tuk en tôle au quart de ton en cuivre.

 

Je suis assise à la terrasse du Café Riche...et je regarde la pluie continuer de tomber, encore et encore sur toutes les rues de Montpellier.

Qu'est-ce que c'est que ce temps ? Je suis dans le midi tout de même !

La terrasse inondée de ma petite chambre ne m'a pas aidée à écrire hier soir. Alors aujourd'hui j'ai décidé de sortir, coûte que coûte, malgré la pluie, d'aller la chercher cette inspiration, ce souffle qui ne vient pas, cette plume qui s'envole à chaque fois que je tente de l'approcher, cette dernière page, cette conclusion au voyage d'il y a maintenant un peu plus de deux mois.

Je suis montée dans un tramway qui ne ressemble pas à celui que je connais. Je suis descendue sur la place la plus célèbre de la ville, mais pas pour moi et j'ai commencé à arpenter les rues en quête de ma précieuse amie.

Etrange comme l'on peut se sentir tout d'un coup dépaysé à quelques centaines de kilomètres de chez soi lorsque c'est la première fois que l'on y pose le pied. Les odeurs, les bruits, les visages ne me rappellent rien ou si peu. Quel est le meilleur endroit pour boire un verre ? Où sont les bons spots et les pièges à touristes ? J'ai soudain le sentiment d'être bien seule, comme étrangère et même un peu vulnérable. Je marche en surveillant du coin de l'oeil ce qui se passe autour de moi. La pluie m'empêche de lever les yeux et d'observer la vie qui bat sous les toits.

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Heureusement, ma petite trompette est là, comme toujours. Elle me souffle à l'oreille que tout va bien, que je peux y aller, que je n'ai rien à craindre puisqu'elle est là.

Alors je la suis, aveuglément, comme toujours. Mon pas devient plus sûr au fur et à mesure que je me perds dans les ruelles et toutes ces perspectives qui ne me parlent pas. Malgré mes petits pieds trempés et fatigués, je sautille entre les gouttes et les flaques. Fièrement collée aux basques de ma trompette endiablée, je salue la plume qui nous a rejoints et la regarde tournoyer au-dessus de nous.

L'équipe enfin réunie, je m'assois à la terrasse du café et ouvre mon cahier.

Un peu plus de deux mois se sont écoulés depuis les plages de Kho Chang, les massages de Chiang Mai, les tuk-tuk de Bangkok et les voyages en autocar. Mais à la maison, on continue de manger thaï aussi souvent qu'on le peut !

Et puis la vie, naturellement, a repris son cours. Avec son lot d'arrivées et de départs, comme sur le quai d'une gare ou d'un aéroport.

Un tout premier client, un tout premier devis, une toute première facture.

Une branche de lilas qui traverse le grillage du jardin, un brin de muguet qui pointe son nez sous ma fenêtre.

Un pensionnaire qui pose ses valises, un Prince qui tire sa révérence.

Un saut de puce à Paris, le temps de traverser un pont, d'apercevoir la Tour Eiffel et de trinquer entre amis.

Un week-end en famille, parenthèse tant attendue et ô combien précieuse, bain d'amour, de douceur, de chaleur et de vie !

Une chasse au trésor, un cadeau de Noël en plein mois de mars, un pique-nique les yeux dans la Garonne, une barbe à papa au pied des manèges vertigineux...

Et une trompette. Un souffle. Une lumière.

Que je touche presque du bout du doigt et qui se met à résonner, à vibrer, à crier dans tout mon petit moi. Il n'y a plus de secret, elle peut désormais se libérer de sa cage et chanter à tue-tête dans mes oreilles, inonder ma maison comme un rayon de soleil au matin, déborder de toutes les fenêtres de ma voiture.

Elle est en moi et tout autour. Elle m'accompagne partout. Et je ne suis plus jamais seule.

Même ce dimanche après-midi où j'ai quitté ma parenthèse de coton et gorgée de soleil, où j'ai roulé jusqu'à cette petite chambre un peu sombre et cette ville pluvieuse malgré elle.

Même ces trois jours loin de chez moi où je ne connais personne, ces trois jours que je suis venue chercher pour continuer de grandir.

Même ce soir où je finis mon deuxième verre de vin en regardant les pavés luisants de la Place de la Comédie, certainement plus drôle lorsque l'on y voit le soleil se coucher par-dessus les toits...

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 La voisine, le 10/05/2016.



12/05/2016
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