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Une goutte dans mon verre

Une goutte dans mon verre,

Du rose sur ma joue.

Je bois pour mon anniversaire

Et qu’on est un peu fous.

Tout le monde est là ce soir

Et puis c’est l’été.

On se fait pas mal, appuyés au comptoir,

Buvons à la jeunesse ! Buvons à l’amitié !

 

Une goutte dans mon verre,

Du rouge sur ma joue.

Je bois à leur amour prospère

Et à ce pari un peu fou.

Ça fait plaisir à voir,

Ils ont l’air si heureux.

Moi, on ne me regarde même pas ce soir,

Mais c’est tant mieux.

L’amour, voilà longtemps que j’ai laissé tomber.

A la santé des femmes et de la liberté !

 

Une goutte dans mon verre,

Du violet sur sa joue.

Je bois car je suis en colère

Et qu’il est devenu fou.

C’est mon amie et elle a mal,

Tout avait si bien commencé.

Oui mais voilà, l’habitude éteint les étoiles

A coups de poing, à coups de pied.

Ne pleure plus, ma belle,

Sans lui tu seras bien mieux.

Bois à ta vie nouvelle

Et oublie-le !

 

Une goutte dans mon verre,

Une larme sur ma joue.

Je bois car il n’y a rien d’autre à faire

Et que l’ennui rend fou.

Chacun a fait sa vie de son côté,

Loin des terrasses de nos vingt ans.

Moi, seule avec mon chien et ma télé

Je regarde vivre tous ces gens.

J’ai bien quelques amis qui passent me voir

Et parfois même des hommes dans mon lit.

Il n’y a rien dans leur regard,

Leurs yeux sont vides et sans envie.

Mais je m’en fiche tout autant,

L’amour, je sais, ce n’est pas pour moi.

Et puis je n’aime pas les enfants

Parce que je n’en aurai pas.

N’allez pas croire que je pleure,

C’est le vin qui fait briller mes yeux.

Je suis bien, seule avec mon cœur

Que je ne pourrais pas couper en deux.

 

Une goutte dans mon verre,

Une larme sur sa joue.

Je bois car je ne veux pas lui plaire

Et qu’il m’aime comme un fou.

Je lui avais dit de ne pas s’attacher,

C’était juste pour un soir et on avait trop bu.

On se connait depuis tant d’années

Et moi, je n’avais rien vu.

Comment peut-on m’aimer,

Moi, le fantôme entre quatre murs ?

L’alcool a gommé mon passé

Et il a noyé mon futur.

Il ne reste plus rien de mon sourire

Et de mes yeux de petite fille.

Il me regarde me resservir

Et s’égarer mes deux pupilles.

Dehors, sors de chez moi !

Je n’ai besoin de personne.

Je suis très bien comme ça

Et je ne veux pas ce que tu me donnes.

 

Une goutte dans mon verre,

Des larmes dans nos yeux.

Je bois sans crainte dans mon désert,

Le monde autour ne vaut pas mieux.

Peu importe si je finis seule et vieille,

Je n’ai plus peur de cela.

Et si un jour, rien ne me réveille,

Ce sera bien mieux pour toi.

Arrête, tais-toi !

J’aime pas quand t’as cet air.

Sers-toi plutôt un verre

Au lieu de dire n’importe quoi.

Non, je ne te suivrai pas dehors,

J’aime plus la rue, j’aime plus les gens.

Laisse-moi tranquille dans mon décor,

Je t’avais prévenu pourtant.

Je vois bien que tu pleures

Et c’est à cause de moi.

Fallait pas vouloir de mon cœur,

Je ne suis pas faite pour ça.

Ça y est, tu pars, c’est décidé ?

Tu as raison, t’aurais même pas dû venir.

D’ailleurs, je ne t’avais rien demandé,

Toi non plus, tu ne sais plus sourire.

C’est ça, bon vent,

Surtout ne reviens pas !

 

Non, s’il te plait, attends…

S’il te plait non, ne me laisse pas.

 

 

La voisine, le 03/08/2008.

 

 



01/08/2014
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